Ressuscité, disent-ils

Intérieur d'un tombeau taillé dans la roche, avec un banc de pierre nu au premier plan et une ouverture basse laissant entrer la lumière du matin sur un paysage vallonné.

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Vous l’avez sûrement déjà entendu, ou pensé vous-même : « les morts ne ressuscitent pas. » Dans l’ordre naturel, c’est vrai, et personne ne le conteste. Mais le christianisme n’affirme pas qu’un mort se relève tout seul : il affirme que Dieu l’a relevé. La question est donc de savoir ce que l’histoire peut établir — et où elle doit s’arrêter.

Un homme mort

Sur ce point, l’accord est presque total. L’historien romain Tacite, ouvertement hostile aux chrétiens, rapporte dans ses Annales que le Christ, dont ils tirent leur nom, avait été livré au supplice sous Ponce Pilate, sous le règne de Tibère. La crucifixion de Jésus sous Ponce Pilate appartient ainsi aux faits les plus solidement établis de sa vie. Et la crucifixion romaine n’est pas une épreuve dont on attend qu’un condamné réchappe.

Une proclamation déjà là

Ce qui surprend, c’est la rapidité. Dans sa lettre aux Corinthiens, Paul rappelle une formule qu’il dit avoir « reçue » et transmise : « Le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Écritures, et il fut mis au tombeau ; il est ressuscité le troisième jour conformément aux Écritures » (1 Corinthiens 15,3-4). Cette proclamation apparaît donc très tôt dans l’histoire du mouvement chrétien.

Le même texte nomme ceux auxquels le Christ serait apparu : Pierre, les Douze, plus de cinq cents frères à la fois, Jacques, puis tous les Apôtres (1 Corinthiens 15,5-7). Une tradition d’apparitions est donc attestée très tôt — et elle donne des noms, elle ne reste pas dans le vague.

Paul, le témoin qu’on n’attendait pas

Paul occupe une place à part dans cette liste : avant de devenir prédicateur du Christ, il affirme avoir persécuté l’Église. Trois textes, de nature différente, éclairent ce retournement.

Dans les Actes des Apôtres, Luc raconte qu’en route vers Damas, Saul est enveloppé d’une lumière et entend : « Saul, Saul, pourquoi me persécuter ? » (Actes 9,4). Dans sa lettre aux Galates, où il parle en son propre nom, Paul insiste : son Évangile ne lui vient pas d’un homme, « mais par révélation de Jésus Christ » (Galates 1,12). Et lorsqu’il énumère les apparitions du Ressuscité, il s’ajoute lui-même à la liste : « En tout dernier lieu, il est même apparu à l’avorton que je suis » (1 Corinthiens 15,8).

Un récit, un témoignage personnel, une liste d’apparitions — trois genres différents, qui convergent sur un même point : un persécuteur devient prédicateur, et il attribue ce retournement à une rencontre avec le Christ ressuscité.

Une tombe, et une question

Les quatre évangiles rapportent la découverte d’un tombeau vide. Même en tenant cette découverte pour établie, il faut être honnête sur sa portée : à lui seul, un tombeau vide ne prouve pas une résurrection. Il ouvre une question, il ne la referme pas.

Ce que l’histoire peut établir — et où s’arrête sa méthode

Un homme mort par crucifixion. Une proclamation très précoce. Des traditions d’apparitions qui donnent des noms. Et parmi eux, Paul : un ancien persécuteur qui change radicalement de vie. Voilà ce que l’histoire donne. Elle ne donne pas pour autant la certitude de la Résurrection elle-même : l’histoire peut peser des témoignages et établir des faits, mais elle ne peut, par ses seuls outils, conclure à une cause surnaturelle.

Ces éléments donnent des raisons de prendre la Résurrection au sérieux, sans contraindre personne à y voir un miracle.

Reste une question que l’histoire, seule, ne peut refermer : d’autres méthodes, appliquées à d’autres objets, peuvent-elles ajouter quelque chose au dossier ? C’est là qu’entre en scène un morceau de tissu conservé à Turin.


Sources
1 Co 15,3-8 (AELF) — https://www.aelf.org/bible/1Co/15
Ac 9,1-22 (AELF) — https://www.aelf.org/bible/Ac/9
Ga 1,11-17 (AELF) — https://www.aelf.org/bible/Ga/1

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