Dieu vient nous chercher

Chemin de pierre bordé de murets en pierre sèche sous des oliviers, traversé par la lumière dorée du soleil levant

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Nous cherchons souvent la consolation dans un peu de courage ou dans des paroles qui apaisent. L’Évangile raconte autre chose. La consolation chrétienne ne commence pas par notre démarche vers Dieu, mais par la sienne vers nous. Il prend toujours l’initiative : il nous cherche lorsque nous nous égarons, il nous relève lorsque nous tombons, et il nous invite à déposer ce que nous ne pouvons plus porter seuls.

Je suis perdu

Un berger a cent brebis. Une seule s’égare, et c’est elle qu’il part chercher — laissant les quatre-vingt-dix-neuf autres pour courir après celle qui s’est perdue (Luc 15,4-7). Pour le berger, aucune brebis n’est remplaçable. Voilà pourquoi il part.

Ce que Jésus raconte ici n’est pas une leçon de morale — « ne t’égare pas » — mais une révélation sur Dieu : il ne reste pas à attendre que la brebis retrouve seule son chemin. Il sort. Il cherche. Et lorsqu’il la retrouve, ce n’est pas simplement une brebis de plus dans le troupeau : c’est une joie. Il la prend sur ses épaules et la ramène à la maison.

Je suis coupable

On amène à Jésus une femme prise en flagrant délit d’adultère. La loi est claire, la foule est prête à jeter les pierres. Et Jésus, penché vers le sol, écrit quelque chose que personne ne lira jamais — le temps que la colère retombe. Puis il se relève et dit une seule phrase qui désarme tout le monde : « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre » (Jean 8,1-11).

Un à un, les accusateurs s’en vont. Il ne reste que Jésus et la femme, seuls devant les pierres abandonnées. Jésus ne la réduit pas à sa faute. Et là, sans minimiser cette faute, il prononce les mots que personne d’autre n’aurait pu dire : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. » Le pardon n’efface pas la vérité du péché — il ouvre simplement un chemin que la culpabilité ne permet pas de découvrir.

Je suis épuisé

Il n’est pas toujours question de faute. Parfois, c’est simplement la fatigue — celle qu’on traîne sans savoir la nommer. À ceux-là aussi, Jésus s’adresse directement : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et je vous procurerai le repos » (Matthieu 11,28-30).

Il s’adresse à ceux qui n’en peuvent plus. La fatigue n’est pas un obstacle à Dieu ; elle devient souvent l’endroit même où il nous rejoint. Il ne nous demande pas d’expliquer ce fardeau, ni de le justifier. Il demande seulement qu’on vienne. Le repos qu’il promet n’est pas l’absence de toute charge — il parle lui-même d’un joug à porter — mais d’un joug qui ne nous écrase plus, parce que nous ne le portons plus seuls.

Le premier pas appartient à Dieu

Perdu, coupable, épuisé : trois manières différentes de se sentir loin. Pourtant, dans chacune de ces pages d’Évangile, c’est toujours le même mouvement. Dieu fait le premier pas. Il cherche avant même que nous le cherchions. Il relève avant que nous ayons demandé pardon. Il invite avant que nous ayons retrouvé des forces.

C’est cela, au fond, la consolation chrétienne : découvrir que Dieu est déjà en chemin vers nous.

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